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Les grands-parents sont des partenaires indispensables de la famille Version imprimable Suggérer par courriel
22 septembre 2008

Une étudiante à la maitrise se penche sur ce phénomène démographique

Grand-mère

Au sein de la famille moderne, les nouveaux grands-parents occupent la troisième place dans l’ordre des générations. Le temps d’une naissance, de parents qu’ils étaient, les voici promus à un nouveau statut dans la lignée. Et pourtant leurs rôles ont plutôt tendance à se chevaucher qu’à se succéder. «Près de trois grands-parents sur cinq résident encore avec un enfant à la maison, ils vont donc cumuler plusieurs fonctions car leurs rôles se superposent», constate Anne Bourgeois, étudiante à la maitrise au Département de démographie. La majorité d’entre eux, en tout cas, défient les clichés habituels qui associent grands-parents et personnes âgées.

Aujourd’hui, on devient grand-parent au début de la cinquantaine en moyenne, bien avant le seuil du troisième âge. À 50 ans, l’espérance de vie est encore longue – plus de 30 ans en moyenne – et il reste plusieurs années de travail avant la retraite.

Anne Bourgeois a établi ce portrait des grands-parents à partir des «Études des relations familiales et intergénérationnelles», version française de l’enquête internationale «Generations and Gender Survey». Elle a passé au crible les propos de 2978 répondants français qui ont au moins un petit-enfant et qui sont devenus grands-parents par leurs propres enfants ou par les enfants du conjoint issus d’une union précédente.

Arrivée au Québec il y a sept ans, cette immigrante d’origine française n’a pas pu inclure son pays d’accueil dans ses recherches. «Malheureusement au Canada, les données démographiques disponibles ne permettent pas une étude approfondie de la grand-parentalité, surtout en ce qui concerne le contexte familial dans lequel on se trouve au moment où l’on devient grand-parent», déplore l’étudiante.

Papiboumeur

Les années à venir continueront de voir arriver une cohorte particulière de grands-parents: les babyboumeurs en pleine transition vers cette nouvelle étape. Contrairement à leurs prédécesseurs, ils ne seront pas à la tête d’une ribambelle de descendants. Les grands-parents actuels ont mis au monde eux-mêmes trois enfants et comptent seulement quatre petits-enfants. «On peut penser qu’ils auront plus de chances d’établir des liens privilégiés avec chacun d’entre eux», analyse Anne Bourgeois. Elle a également noté que la plupart vivent la grand-parentalité en couple puisque 80 % des grands-pères et 60 % des grands-mères ont un conjoint à la naissance de leur premier petit-enfant.

Anne Bourgeois
Anne Bourgeois

Toute société a besoin d’un portrait plus détaillé de la grand-parentalité, croit Mme Bourgeois. «C’est une population qui peut jouer un rôle important dans les politiques familiales, dit-elle. Pensons simplement au casse-tête des services de garde! Les grands-parents y sont souvent des pièces importantes. Selon leur âge ou leur situation, ils ont une influence sur le développement des enfants. Ils peuvent, par exemple, agir comme soutien financier pour les familles. Il est donc essentiel de mieux les connaitre.»

Une partie du mémoire de l’étudiante est consacrée à la fréquence des rencontres entre petits-enfants et grands-parents. «Le poids social ou affectif des grands-parents sur la famille dépend des relations qu’ils maintiennent», explique-t-elle. Déjà dans ses conclusions préliminaires, elle peut affirmer que mieux vaut habiter près de ses petits-enfants mais aussi… s’entendre avec leurs parents pour conserver le lien.

Il reste beaucoup à apprendre pour bien cerner la grand-parentalité. Anne Bourgeois entend poursuivre cette tâche. À l’Université ou ailleurs, car la démographe n’a pas peur des changements de carrière. Titulaire d’une maitrise dans le domaine bancaire, elle a occupé plusieurs postes dans les Caisses Desjardins avant de se réorienter et de plonger dans des études de démographie. «J’ai gardé mon intérêt pour les chiffres, avoue-t-elle, mais je me suis rendu compte que je préférais compter des personnes plutôt que de jongler avec des taux d’intérêt!»

Le déclic s’est produit lorsque ses propres parents sont devenus grands-parents à leur tour. À 60 ans, sa mère à présent mamie n’a pas du tout le profil de la tête blanche, assise sur une chaise berçante et percluse de rhumatismes. Avec des questions collées à son histoire familiale – qui sont les grands-parents d’aujourd’hui, quel âge ont-ils, dans quelle situation familiale vivent-ils? –, l’étudiante de 33 ans, ainée de la famille et sans enfants, a jeté l’ancre à l’Université de Montréal.

Par son travail, la chercheuse espère alimenter la réflexion des gestionnaires de politiques familiales et de ceux qui travaillent en santé publique.

Isabelle Masingue
Collaboration spéciale

 

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