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Titre: communiqués de presse
Les universités et la diplomatie du savoir Version imprimable Suggérer par courriel
18 septembre 2008

Allocution du recteur Luc Vinet au Conseil des relations internationales

Invité à prendre la parole devant le Conseil des relations internationales (CORIM), le recteur de l’Université de Montréal, Luc Vinet, a rappelé aujourd’hui le rôle central que jouent depuis toujours les universités dans la mondialisation. Il a exprimé son soutien aux projets du gouvernement du Québec de créer un nouvel espace économique et de faciliter la reconnaissance des équivalences professionnelles. Enfin, il a encouragé les gouvernements du Québec et du Canada à se joindre à l’Espace européen de la recherche, un consortium regroupant des programmes de recherche de tous les pays membres de l’Union européenne et auprès duquel les États non-européens peuvent obtenir le statut d’associé.

Un mouvement en pleine croissance
« L’internationalisation est inscrite dans l’ADN même des universités, a expliqué le recteur Luc Vinet. Déjà, au XIIIe siècle, Thomas d’Aquin, un Italien, docteur en théologie, enseignait aux universités de Cologne et de Paris les œuvres du Grec Aristote, traduites en arabe et en latin un siècle plus tôt! Aujourd’hui, ces échanges sont plus importants que jamais. Ce n’est qu’en travaillant avec les meilleurs, aux quatre coins du globe, que nos chercheurs peuvent contribuer à l’avancement des connaissances et en faire profiter leurs étudiants. »

En 2007, il y avait plus de 70 000 étudiants internationaux au Canada, soit 7% de la population étudiante, soit le double du début des années 2000. Malgré cette augmentation, le nombre d’étudiants internationaux demeure moindre que dans d’autres pays de taille comparable comme l’Australie, dont le réseau universitaire compte 17% d’étudiants internationaux.

L’UdeM et ses écoles affiliées- HEC Montréal et l’École Polytechnique - comptent à elles seules près du quart de tous les ressortissants étrangers en séjour d’études au Québec. Ce qui contribue à faire de Montréal la ville canadienne qui compte le plus grand nombre d’étudiants universitaires.

La diplomatie du savoir
« Par le développement de réseaux et de nouveaux partenariats avec leurs homologues, avec le monde des affaires et avec les institutions internationales, les universités modernes mènent en quelque sorte une diplomatie complémentaire à celle des états, en particulier sur le plan culturel et scientifique. Elles sont au cœur de ce que j’appellerais la nouvelle diplomatie du savoir. »

Outre la construction de nouvelles alliances universitaires, cette diplomatie du savoir passe également par le rapprochement avec les grandes ONG internationales. Le recteur a profité de l’occasion pour annoncer la signature prochaine d’un protocole d’entente entre l’Université de Montréal et le Conseil international des monuments et des sites, l’ICOMOS, pour le développement de programmes d’enseignement et de recherche sous le thème « Patrimoine et développement durable ».

L’ICOMOS est une association mondiale d’experts et de professionnels, qui conseille notamment l’UNESCO en matière de méthodologie et de technologies de conservation et de restauration du patrimoine culturel. En s’associant aux professeurs de la Faculté de l’Aménagement de l’UdeM, elle approfondira la recherche sur divers thèmes, comme l’impact des changements climatiques sur le patrimoine et l’élaboration de conventions et de cadres d’intervention internationaux en matière de patrimoine.

L’espace européen de la recherche
Les efforts déployés par le gouvernement du Québec pour la création d’un nouvel espace économique sont soutenus avec enthousiasme par l’Université de Montréal. Par exemple, en matière de reconnaissance des équivalences professionnelles, l’UdeM a annoncé cette semaine la mise sur pied d’un programme accéléré d’intégration des pharmaciens formés à l’étranger, en collaboration avec l’Ordre des pharmaciens du Québec. L’UdeM souhaite poursuivre dans cette voie avec d’autres professions.

Le nouvel espace économique comporte également un volet touchant la recherche scientifique, un formidable creuset de l’innovation. L’Union européenne a créé l’Espace européen de la recherche, un regroupement de toutes les initiatives en recherche des pays membres. Ce programme, doté d’un budget de 54 milliards d’euros, est aussi ouvert aux individus, aux entreprises et aux États qui ne sont pas membres de l’Union européenne.

La signature d’un accord bilatéral spécifique entre le Canada et l’Union européenne permettrait aux chercheurs canadiens de participer au même titre que ceux des pays membres à ce programme et de solliciter des subventions de recherche européennes.

La contribution du Canada serait fonction de son PIB. Par exemple, la Suisse est devenue membre associé avec une contribution de 200 millions de dollars par année pendant 7 ans. Les entreprises suisses, comme celles des autres pays associés, ont accès à un programme européen de près d’un milliard de dollars pour financer des projets internationaux en R et D.

« J’encourage le gouvernement du Québec à continuer de démontrer son leadership dans la mise en œuvre du nouvel espace économique, en favorisant l’intégration du Québec à cet Espace européen de la recherche.»

Discours entier de Luc Vinet

 

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