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| Une nouvelle forme de dépendance: être accro à Internet |
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| 02 septembre 2008 | |
L’Institut universitaire sur les dépendances cherchera à mieux cerner ce nouveau type d’accoutumance![]() «Le problème n’est pas encore répandu, mais nous connaissons des cas lourds d’adolescents qui ne sortent plus», dit Louise Nadeau. Alors que le jeu compulsif commence à peine à être étudié en santé mentale et en médecine sociale, les intervenants dans ces milieux doivent maintenant faire face à un nouveau fléau: la dépendance à Internet. «Le problème n’est pas encore très répandu, mais nous connaissons des cas lourds d’adolescents qui ne sortent plus, n’ont plus de relations interpersonnelles, sont isolés depuis deux ou trois ans devant leur écran d’ordinateur au sous-sol et n’ont que le langage des personnages des jeux auxquels ils s’adonnent avec d’autres joueurs en réseau, affirme Louise Nadeau, professeure au Département de psychologie. Dans quelques années, nous aurons des couples en consultation parce qu’Internet sera devenu leur principale occupation.» Louise Nadeau dirige le nouvel Institut universitaire sur les dépendances, créé au Centre Dollard-Cormier il y a tout juste un an par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Cet institut a pour mandat de réaliser des études épidémiologiques sur les dépendances, de procéder à l’évaluation des services offerts pour venir en aide aux patients, d’assurer des pratiques à la fine pointe des connaissances scientifiques et de documenter les dernières formes de dépendances. Ce type de centre de recherche, regroupant un établissement de santé privé et une équipe universitaire dirigée par un professeur qui travaille déjà sur un programme du Fonds de recherche sur la société et la culture, est unique au Canada et celui sur les dépendances est le premier dans ce domaine au Québec. Amenés à résoudre les problèmes émergents, les chercheurs se pencheront notamment sur les dépendances au jeu et à Internet. «Le jeu pathologique est moins fréquent que la dépendance à l’alcool, qui touche 1,8 % de la population, mais plus d’affections mentales comme la dépression et des troubles de la personnalité y sont associées», précise Mme Nadeau. Et, même si un joueur réussit à sortir de son enfer, les dettes de jeu, qui vont de 30 000 à 60 000 $ par joueur, peuvent le suivre pendant des années. Le problème ne concerne pas que les adultes. Onze pour cent des jeunes de 13 à 17 ans auraient des problèmes de jeu d’argent au Québec. Une étude est actuellement en cours pour connaitre la situation chez les étudiants de premier cycle. Il existe par contre beaucoup moins de données relativement à la dépendance à Internet. «Il n’y a pas d’études fiables ni de données cliniques sur la question», déclare la directrice de l’Institut. Tout est donc à faire de ce côté. Un premier sondage effectué dans le réseau de la santé au Québec montre qu’une centaine de personnes, sur 40 000 patients, ont déjà consulté un intervenant à ce sujet. Les chercheurs verront à étoffer ces données, déterminer le seuil clinique de dépendance, établir l’évolution de la maladie et élaborer des techniques d’intervention. ![]() Louise Nadeau (Photo: Bernard Lambert) Courtier en transfert de connaissances L’un des principaux rôles des instituts universitaires est d’assurer le transfert des connaissances vers les cliniques. «On estime que seulement 18 % des connaissances produites par les chercheurs sont effectivement utilisées par les cliniciens», souligne Mme Nadeau. Afin de favoriser de plus grandes retombées de la recherche, l’Institut recourra à un «courtier en transfert de connaissances». «C’est un peu le journaliste d’une équipe de recherche où le public est composé de cliniciens. Il doit voir à ce que les données soient transmises en des termes accessibles et qu’elles répondent aux besoins de la pratique.» À titre d’exemple, Louise Nadeau mentionne les études sur l’alcoolisation du fœtus et le risque de déficit cognitif qui en découle. Autre sujet à débroussailler: la complexité et l’interaction des polytraumatismes décelés chez les accros à l’alcool ou aux drogues. Une équipe déjà rodée Au nombre d’une vingtaine, les membres de l’Institut universitaire sur les dépendances viennent de l’UdeM, des universités McGill, Concordia, Laval et de Sherbrooke ainsi que de l’UQTR. «Ces chercheurs travaillent ensemble depuis 30 ans déjà et c’est un grand bonheur de les diriger», dit la directrice. Le Centre Dollard-Cormier, qui héberge l’Institut, a vu le jour en 1997 à la suite de la fusion de trois centres de réadaptation spécialisés en toxicomanies et alcoolisme, soit les centres Alternatives, Domrémy-Montréal et Préfontaine. Dollard Cormier était pour sa part professeur à l’Université de Montréal, où il a implanté, en 1970, le premier laboratoire universitaire de recherche sur l’alcoolisme et les toxicomanies. Daniel Baril
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Savoir mesurer son alcoolémie
Avec une moyenne de 8,2 litres d’alcool pur par personne par année, cette consommation est à la hausse au Québec et dépasse la moyenne canadienne. La professeure est d’avis qu’il devrait toujours y avoir dans toute soirée ou repas où de l’alcool sera consommé un ordinateur ouvert à la page d’Éduc’alcool (educalcool.qc.ca). Cet organisme de prévention, dont Louise Nadeau est la présidente, offre un «planificateur de soirée» qui permet de suivre l’évolution de son alcoolémie selon qu’on est une femme ou un homme, le type et la quantité d’alcool ingéré, la prise ou non d’un repas, l’heure et la durée de la soirée. Un outil qu’on peut apparemment utiliser sans risque d’aggraver sa dépendance à Internet. D.B.
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