| Forum sur la mobilité durable : un changement de culture s’impose |
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| 12 juin 2008 | |
Pour Gérard Beaudet, la hausse du prix de l’essence crée un contexte favorable à la remise en question de nos modes de vie. Haro sur l’American Dream de l’après-guerre![]() «Il se fait de plus en plus de choses dans le sens de la mobilité durable, mais ces gestes seront insuffisants si on ne change pas nos habitudes de vie. Le défi est énorme et nécessite un véritable changement de culture qui suppose un engagement politique ferme. Il n’y a pas de solution simple et toute solution nécessitera des sacrifices.» C’est le message que lançait Gérard Beaudet, directeur de l’Institut d’urbanisme, aux participants du Forum québécois de la mobilité durable. Cette rencontre, tenue à l’Institut d’urbanisme les 12 et 13 juin, vise à promouvoir le développement de la mobilité et du transport durables au Québec. «La mobilité durable est celle qui n’impose pas de contraintes excessives à l’environnement, qui permet le développement économique et qui assure l’équité de mobilité pour tous les citoyens, explique le directeur. Le Québec est en retard dans ce domaine comparativement à ce qui se fait en Europe et aux États-Unis.» La mobilité durable est en fait une approche du transport qui cherche un compromis entre ces impératifs souvent antagoniques. Le concept va au-delà de l’écologie et de l’accessibilité aux moyens de transport; elle prend aussi en compte les droits sociaux qui sont assujettis à la mobilité comme le droit au travail, le droit au logement, le droit à l’éducation et le droit aux loisirs. ![]() Gérard Beaudet «À une époque où la mobilité généralisée est la norme, l’existence d’inégalités en matière de déplacements est un enjeu de premier plan pour les politiques publiques», affirme Gérard Beaudet. Mais depuis le années 50, tout le développement tant économique qu’urbain s’est fait en fonction de la voiture personnelle. Selon l’urbaniste, l’automobile est l’exemple parfait d’une mobilité non durable parce qu’elle dépend d’une énergie non renouvelable, accroit l’étalement urbain, rend moins performante l’offre de service de transport public et crée ainsi des inégalités sociales en plus de causer de nombreux problèmes de santé par la pollution qu’elle génère. «Après l’âge d’or du transport en commun, on a créé le mythe de l’automobile comme moyen de réaliser l’American Dream de l’après-guerre. Ceci en entrainé l’apparition des centres commerciaux, la construction des autoroutes, l’abandon du transport ferroviaire au profit du camionnage et plus récemment la production de véhicule récréatif comme les autoneiges et les VTT», a souligné le conférencier. Tout cela repose sur le pétrole dont les réserves s’épuisent et pour lequel on ne connait pas d’énergie de remplacement. La solution est donc de changer nos façons de faire et d’inverser la tendance du tout-à-l’auto. Gérard Beaudet tire quatre grands constats de la situation actuelle : la mobilité ne peut être durable si on laisse libre cours aux tendances actuelles; aucun gain n’est possible si l’automobile demeure le centre du développement; aucun gain n’est possible si on ne repense pas l’urbanisation conçue en fonction d’une dépendance à l’automobile; les gains en durabilité nécessitent un engagement politique ferme en appui à un véritable changement de culture. Selon le professeur, plusieurs pas ont été faits dans la bonne direction ces dernières années comme l’avènement des voitures électriques ou hybrides, les aménagements favorisants le transport actif, le covoiturage et le taxibus, ou encore les politiques freinant l’étalement urbain. Mais tout ceci est insuffisant en soi si on ne repense pas l’ensemble de nos modes de vie et le développement du territoire. «Le défi consiste à assurer la cohérence entre ces modes de transport afin de maximiser les meilleurs d’entre eux en fonction de chaque situation.» À son avis, la flambée actuelle des prix de l’essence crée un contexte favorable à une remise en question de nos habitudes. Observatoire sur la mobilité durable C’est en partie pour combler le retard dont souffre le Québec face à cette problématique qu’a été inauguré, lors de ce colloque, l’Observatoire scientifique de la mobilité durable. Ce centre de recherche, financé par le ministère des Transports du Québec, sera rattaché à l’Institut d’urbanisme et regroupera des représentants de la Ville de Montréal, de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et de l’Association du transport urbain du Québec (ATUQ). L’objectif de l’observatoire est d’alimenter les décideurs sur les expériences réalisées ici et ailleurs dans le domaine de la mobilité durable et de développer des indicateurs de mesure. L’organisation de ce premier Forum de la mobilité durable est une initiative de l’UMQ, de l’ATUQ et de la Ville de Montréal. Daniel Baril
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