Rechercher dans :
Deux thèses… et un bébé Version imprimable Suggérer par courriel
09 juin 2008

Emmanuelle Permal et William Marande célèbrent la fin d’un long parcours

Marande-Permal
«Jonah, notre fils, nous a aidés à tenir le coup en nous faisant sortir de notre bulle», confie William Marande, qui a obtenu son diplôme de doctorat en biochimie. Sa conjointe, Emmanuelle Permal, n’était pas en reste puisqu’elle est la première diplômée au doctorat en bio-informatique au Canada.

Venus de France où ils suivent actuellement des études postdoctorales, Emmanuelle Permal et William Marande étaient à Montréal pour assister à la collation des grades du 30 mai. Les deux chercheurs tenaient à être sous la grande tour pour célébrer la remise de leurs diplômes en bio-informatique et en biochimie, obtenus en 2008 après cinq ans d’études. Mais la plus grande fierté de la jeune femme n’est pas d’être devenue la première diplômée au doctorat en bio-informatique au Canada, c’est d’avoir donné naissance à Jonah, aujourd’hui âgé de trois ans et demi, qui a vu le jour pendant que le couple était en pleine rédaction de thèse.

«Il nous a aidés à tenir», dit le père en souriant. Le fait de devoir changer des couches, d’aller au parc et de respecter les horaires de la garderie a forcé les doctorants à sortir de leur bulle. «Il était notre bouffée d’air frais, reprend la mère. Sans lui, je ne sais pas si nous serions passés à travers.»

Le sujet abordé par Emmanuelle Permal, sous la supervision de François Major, du Département d’informatique et de recherche opérationnelle, reprenait un thème traité durant ses études de maitrise à Paris: les motifs de la structure tridimensionnelle de l’ARN. Les résultats de sa recherche, financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, ont révélé l’existence de motifs structuraux essentiels à la survie des virus de l’hépatite B, de l’influenza de type A et de l’immunodéficience du bovin. Ces motifs constituent de nouvelles cibles thérapeutiques, ce qui permet d’envisager la mise au point d’agents antiviraux plus efficaces.

La bio-informatique est un champ de recherche où biologistes et informaticiens travaillent à la modélisation des phénomènes du vivant et au traitement de l’information biologique. Cette discipline a réellement pris son envol à partir des années 90, parallèlement au projet du génome humain. L’Université de Montréal a été le premier établissement universitaire au pays à offrir des programmes de bio-informatique à tous les cycles d’études.

À son arrivée au Québec en 2002, la jeune Parisienne d’origine martiniquaise n’avait pas pensé s’inscrire au tout nouveau programme doctoral. «Je cherchais un emploi, mais M. Major m’a plutôt proposé de poursuivre mes études au doctorat. J’ai dit oui.»

William Marande dans Science

Quant à William Marande, il a couronné sa recherche doctorale par un article dans la prestigieuse revue Science le 19 octobre dernier. Sa thèse, menée sous la direction de Gertraud Burger du centre Robert-Cedergren du Département de biochimie, rapporte la découverte d’un aspect inédit du génome du micro-organisme Diplonema papillatum, proche parent des trypanosomes, responsables notamment de la maladie du sommeil.

Le chercheur a mis au jour des gènes mitochondriaux qui contiennent jusqu’à 100 fragments encodés par un chromosome différent et transcrits individuellement. La formation des ARN messagers, qui sont à la source des protéines, se fait par suture de ces transcriptions. «Si cette découverte révèle un nouveau mécanisme moléculaire de l’expression de gènes, elle soulève également plusieurs hypothèses intéressantes sur l’évolution des génomes mitochondriaux», mentionne le communiqué publié par le Département de biochimie. Dans le même numéro de Science, l’article des biochimistes de l’Université de Montréal faisait l’objet d’une note à la rubrique «Perspective», commentant l’importance de la découverte.

Bien qu’ils soient retournés en France depuis quelques mois afin de compléter leur spécialisation (M. Marande étudie avec David Morreira à l’Université Paris-Sud 11 et Mme Permal avec Hadi Quesneville, de l’Institut national de la recherche agronomique), les nouveaux docteurs conservent un souvenir très positif de leur séjour au Québec. «Nous avons vécu six belles années sur Le Plateau-Mont-Royal et dans le quartier Côte-des-Neiges, relate Emmanuelle Permal. Notre fils se sent d’ailleurs beaucoup plus canadien que français. Cet hiver, il voulait faire de la luge. Ce n’est pas évident à Paris…»

Le couple envisage une carrière universitaire. Pourquoi pas à Montréal? «Nous accepterions une offre sans hésiter», répond Mme Permal.

Mathieu-Robert Sauvé

 

C’est avec beaucoup de fierté que l’Université met en ligne ses premières vidéos. La parole est ainsi donnée aux acteurs de la communauté !

 


© 2008 - Bureau des communications et des relations publiques