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Des étudiants reçoivent des dictionnaires japonais usagés Version imprimable Suggérer par courriel
28 avril 2008

La deuxième vie de ces ouvrages est due
à une vieille amitié entre deux hommes

Les francophones ont le Robert, les anglophones le Webster et les Japonais le Kojien, un dictionnaire de plus de 3000 pages comprenant 240 000 mots. «C’est un ouvrage essentiel pour qui veut apprendre le japonais; toute famille japonaise a son Kojien, mentionne Taki Kanaya, professeur et responsable de l’enseignement du japonais au Centre d’études de l’Asie de l’Est (CETASE). C’est pourquoi nous sommes heureux d’en offrir un exemplaire à chacun des étudiants de troisième et de quatrième année qui se consacre à l’apprentissage de cette langue.»

Taki Kanaya et cie
Sur notre photo, à la rangée du haut: David Ownby, Liam Pierce, Maxime McGoogan, Louis Melançon et Mathieu Pronovost; à la rangée du bas: Taki Kanaya, Katherine Lacombe, Yanick Pilote et Amélie Carrier-Lessard

C’est grâce à un vieil ami re-trouvé par l’intermédiaire du site Mixi («le Facebook japonais», précise M. Kanaya) que ce cadeau a pu être offert. Originaire du nord du Japon, Taki Kanaya a fréquenté à la fin des années 60 un lycée de Hokkaido, la Hakodate La Salle High School (ainsi nommée parce qu’elle a été fondée par des frères des écoles chrétiennes venus du Québec). C’est là qu’il a connu Toru Iwata. Les deux hommes ont communiqué par courriel. Son ancien condisciple lui a annoncé qu’il avait repris l’entreprise familiale, une librairie qui a pignon sur rue dans sa ville natale de Sunagawa, à Hokkaido.

Lorsqu’une étudiante du CETASE, Claudia Bouchard, a cherché à communiquer avec des habitants au nord du Japon en vue d’un voyage qu’elle prévoyait faire, Taki Kanaya lui a donné les coordonnées de son vieil ami. «Toru a été si ému de voir arriver cette jeune fille de Chicoutimi intéressée par la langue et la culture japonaises qu’il a voulu faire quelque chose pour aider les gens comme elle, raconte Taki Kanaya. Il a donc demandé à ses clients désireux de se procurer la nouvelle édition du Kojien de rapporter leur ancienne. Il a promis de donner aux vieux dictionnaires une nouvelle vie.» Au terme de cette campagne, 20 dictionnaires d’une valeur d’environ 100 $ pièce ont été récupérés.

Informée de l’initiative, la télévision locale, Sapporo TV, en a parlé à son bulletin d’information. On y voit des clients de la librairie de M. Iwata rapporter leur dictionnaire au moment de prendre possession de l’ouvrage neuf. «J’ai été touché par le geste de M. Iwata, a déclaré David Ownby, directeur du CETASE, à la petite cérémonie de remise des volumes, le 15 avril dernier. C’est une initiative écologique et amicale.»

Les exemplaires donnés ont été envoyés par bateau et c’est Taki Kanaya lui-même qui a assuré les frais postaux avec le consul responsable du dossier culturel au consulat japonais à Montréal, Yorio Ito.

Les premiers étudiants à bénéficier de ce don sont Liam Pierce, Maxime McGoogan, Louis Melançon, Mathieu Pronovost, Katherine Lacombe, Yanick Pilote, Amélie Carrier-Lessard et Bertrand Houle, tous en troisième et en quatrième année en langue et culture japonaises au CETASE.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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