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| Parlons des personnes... |
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| 31 mars 2008 | |
Le musicologue Michel Duchesneau fait pousser des bonsaïsÂgé d’environ 25 ans, le genévrier du Japon que Michel Duchesneau dépose devant lui a une feuillaison en cascade et le tronc légèrement penché vers l’avant. «C’est comme s’il vous saluait», indique le professeur de la Faculté de musique qui s’est découvert une passion pour la culture des bonsaïs il y a une dizaine d’années. ![]() Comment devient-on bonsaïste? En suivant des cours, tout simplement. Dans sa propriété de Notre-Dame-de-Grâce, l’ancien hautboïste possède une vingtaine d’arbres nains dont la moitié sont des «prébonsaïs», soit des arbres qui n’ont pas encore atteint leur maturité. Dans un pot plus grand pousse une véritable petite forêt où chaque arbre nécessite des soins individuels. Il le sait: ces plantes auront toujours besoin de lui ou d’un de ses héritiers spirituels pour croitre en grâce et en sagesse, fidèle à une tradition asiatique millénaire. «L’art du bonsaï est né en Chine entre le 6e et le 10e siècle, et il est entré dans la culture japonaise au 12e. Aujourd’hui, on parle de penjings en Chine et de bonsaïs au Japon», explique le président de la Société de bonsaï et de penjing de Lanaudière (SBPL). C’est une visite effectuée au Jardin botanique de Montréal qui est à l’origine du loisir de l’ancien directeur de la Société de musique contemporaine du Québec, passé à l’Université de Montréal en 2002. «J’ai eu un véritable choc lorsque j’ai vu ces arbres de petite taille qui défient le temps; à partir de ce moment, j’ai eu envie de me consacrer à cet art», confie-t-il. Surnommé «sculpture végétale», le bonsaï appartient autant à la culture qu’à la nature. Et il en révèle beaucoup sur le jardinier. «Le bonsaï n’est pas qu’une copie conforme de la nature, ce serait plutôt le reflet de celui qui le cultive; on peut y voir les sentiments de la main qui le taille: de la délicatesse à la rigueur, de la puissance à la grâce, du tourment à la sérénité», mentionne par exemple le site (anonyme) Le petit monde des bonsaïs. Le sentiment que le jardinier musicien exprime lorsqu’il ligature, haubane, marcotte, taille ou simplement arrose ses arbres est lié au respect de la nature et au passage du temps. Et il aime l’idée que ces plantes sont des œuvres d’art vivantes. «J’aime que chaque bonsaï ait sa vie en soi. Les bonsaïstes peuvent influer sur sa croissance, mais cela demande du temps, des soins attentifs et beaucoup de patience.» Comment devient-on bonsaïste? En prenant des cours, tout simplement. Michel Duchesneau a entamé sa formation en 2002 à la SBPL, et elle se poursuit auprès d’un spécialiste italien, Michele Andolfo, qui vient deux fois par an rencontrer ses pupilles dans les serres de l’organisme, à Saint-Alphonse-Rodriguez. Actuellement, Michel Duchesneau est un peu, comme ses arbres, en hivernage, mais le printemps qui s’annonce constitue une des saisons les plus occupées du bonsaïste. Il consacrera à ses plantes jusqu’à deux jours de ses temps libres par semaine. Contrairement à ce que pensent les profanes, les bonsaïs ne naissent généralement pas de la main de leur jardinier. Le plus souvent, celui-ci adopte un arbre ou une bouture dans un jardin ou dans la nature. Il le transplante soigneusement et modifie son réseau de racines de façon à l’adapter à un environnement réduit. Puis s’entame le travail de ligature permettant d’orienter la croissance des branches. Plusieurs essences indigènes, comme le thuya et le chêne, ont la cote chez les bonsaïstes. Or, il n’existe pas, actuellement, de code d’éthique clair au sujet des prélèvements en milieu naturel. Il y a de quoi s’inquiéter quand on sait que des thuyas très âgés s’accrochent à des parois rocheuses, en Abitibi notamment. Rien n’empêche des jardiniers du dimanche de se les approprier, au risque de les faire mourir. Cela préoccupe Michel Duchesneau, compte tenu du fait qu’un professionnel peut perdre jusqu’à 50 % de sa production. Les bonsaïstes amateurs sont conscients du problème. C’est par l’entremise de deux clubs au Québec qui les réunissent que la sensibilisation pourra être faite. Outre la SBPL, que Michel Duchesneau préside depuis décembre dernier et qui compte une soixantaine de membres, la Société de bonsaï et de penjing de Montréal a été fondée en 1978 et comprend 300 membres. Mathieu-Robert Sauvé |
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