![]()
| Des étudiants du secondaire explorent les secrets du cerveau |
|
|
| 17 mars 2008 | |
Des milliers d’élèves discutent neurones, cortex et drogues pendant la semaine Cerveau en tête![]() Fabienne Samson, doctorante en sciences biomédicales, avait apporté un cerveau de veau au collège Jean-Eudes, où elle a notamment éclairé les élèves sur les effets des drogues sur le cerveau.
«Qu’est-ce que vous connaissez à propos du cerveau?» demande d’entrée de jeu Fabienne Samson à son public. Un peu intimidés au départ, les élèves de cinquième secondaire du collège Jean-Eudes se risquent à répondre: «Je sais qu’il y a des zones du cerveau qui contrôlent différentes parties du corps, avance une adolescente. – Les neurones sont liés grâce à une espèce de liquide transmetteur, affirme une autre. – Le cerveau possède plusieurs couches: le cortex, qui est à l’extérieur, est le plus évolué et, plus on avance vers le centre, plus on recule dans l’évolution, ajoute un élève.» Ces réponses savantes surprennent agréablement la doctorante en sciences biomédicales de l’Université de Montréal, elle-même une ancienne élève du collège. Depuis deux ans, Fabienne Samson fait partie de la centaine d’étudiants en neurosciences issus des quatre universités montréalaises, de l’Institut de neurologie de Montréal et de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas qui visitent bénévolement les écoles primaires et secondaires à l’occasion de la semaine Cerveau en tête. Cette année, près d’une quarantaine d’étudiants venaient de l’UdeM. ![]() Fabienne Samson Du 10 au 14 mars, ils se sont employés à expliquer à des milliers d’élèves le fonctionnement du cerveau. «C’est une activité superintéressante autant pour les jeunes que pour nous, surtout dans mon cas, puisque je souhaite enseigner un jour à l’université», déclare Fabienne Samson après la présentation, en rangeant avec précaution le cerveau de veau qui a été manipulé avec enthousiasme par son auditoire. L’effet des drogues sur le cerveau En plus d’introduire les neurosciences dans les classes, les étudiants explorent les cinq sens avec les élèves du primaire et les effets des drogues sur le cerveau avec ceux du secondaire. Après avoir parlé de la communication entre les neurones, Fabienne Samson démontre l’incidence de l’ecstasy sur la neurotransmission. «La prise d’ecstasy amplifie toutes les fonctions accomplies grâce à la libération de la sérotonine par la stimulation des neurones, ce qui provoque des sentiments d’euphorie et d’empathie.» Elle poursuit en demandant à son public attentif quelle est la raison qui pousse les gens à consommer des drogues. Les réponses fusent: «Parce qu’ils veulent vivre une expérience forte.» «Parce qu’ils souhaitent oublier leur situation.» «Pour ne plus être angoissés.» «Pour se donner l’impression d’être joyeux.» «Pour se “dégêner”.» «Pour ceux qui consomment souvent, c’est un moyen d’arriver à fonctionner normalement, ce qu’ils ne pourraient pas faire s’ils étaient à jeun.» Cette discussion permet à la doctorante d’initier les jeunes au «circuit des récompenses», constitué de l’aire tegmentaire ventrale, du noyau accumbens et du cortex préfrontal. Ces parties du cerveau s’activent lorsqu’une personne s’adonne à des plaisirs naturels, comme les contacts physiques et l’ingestion de nourriture et d’eau, ou à des plaisirs artificiels, comme les jeux vidéo, les sports extrêmes et la consommation de drogue. L’activation de ces régions prédispose la personne à refaire ces activités agréables, ce qui, dans le cas des récompenses artificielles, peut conduire à la dépendance. Fabienne Samson en profite pour aborder le cycle de la dépendance aux drogues et de leurs répercussions à court et à long terme sur le cerveau. «L’équilibre du cerveau est fragile, indique-t-elle. Même si on subit un sevrage, le cerveau ne peut fonctionner que de façon pseudonormale par la suite, puisque certaines conséquences sont irréversibles.» Elle illustre son point en comparant une image de cerveau normal à celle d’un cerveau d’un ex-cocaïnomane qui n’a pas consommé depuis six semaines. Les adolescents sont visiblement impressionnés par la diminution substantielle de matière grise dans la région du cortex préfrontal. De quoi les faire réfléchir, «même si le but premier de la présentation n’est pas de faire de la prévention, mais plutôt d’enrichir les connaissances des jeunes sur le cerveau», précise Fabienne Samson. La semaine Cerveau en tête a été instaurée en 1996 par la Société des neurosciences, en collaboration avec le groupe Dana Alliance for Brain Initiatives et une coalition de plus de 1200 organisations scientifiques, groupes de soutien et organisations de la santé de partout dans le monde. Soixante-neuf pays participent chaque année à cette activité qui s’adresse non seulement aux élèves, mais aussi au grand public. Le Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal a ouvert ses portes à tous le 13 mars et proposé des conférences sur la mémoire et le vieillissement, ainsi que sur la maladie d’Alzheimer et la nutrition. Le même jour, l’Hôpital Rivière-des-Prairies invitait le public à assister à une présentation du Dr Roger Godbout, professeur titulaire en psychiatrie à la Faculté de médecine de l’UdeM, sur le sommeil chez les adolescents. Marie Lambert-Chan |
© 2008 - Bureau des communications et des relations publiques