Rechercher dans :

Logo du journal Forum

Le Centre d’études médiévales connait un âge d’or Version imprimable Suggérer par courriel
25 février 2008

Le Moyen Âge exerce une fascination sur les Québécois

Angers et Cottier
Denise Angers, professeure au Département d’histoire et première directrice du Centre d’études médiévales, et M. Cottier

Un vent de renouveau souffle sur le Centre d’études médiévales. Six médiévistes ont été recrutés au cours des dernières années, dont son actuel directeur, Jean-François Cottier. Ce formidable apport de sang neuf a poussé le Centre à créer une majeure en études médiévales, en plus de la mineure déjà offerte depuis plusieurs années.

Cet enthousiasme n’est pas étranger à l’engouement populaire pour le Moyen Âge. «C’est une époque qui fascine les Québécois, observe Jean-François Cottier, qui est professeur au Département des littératures de langue française et spécialiste du latin médiéval. Cet intérêt est amplement nourri par le cinéma. Prenez les nombreuses scènes consacrées à un tournoi médiéval dans le film de Denys Arcand L’âge des ténèbres ou encore les longs métrages comme La légende de Beowulf et la trilogie du Seigneur des anneaux. Bien sûr, c’est un Moyen Âge fantaisiste et très romantique, mais il réveille chez les gens ce gout d’un passé qui est suffisamment lointain pour qu’on puisse le réinterpréter à sa guise.»

Testaments
Testament issu des archives familiales du Forez de St-Étienne (1566)

Pour la trentaine d’étudiants qui s’inscrivent bon an, mal an en études médiévales, les légendes de châteaux et les fééries d’Hollywood font vite place à une réalité beaucoup plus passionnante. «Ce sont des études pluridisciplinaires qui exigent des connaissances en histoire, histoire de l’art, philosophie, philologie, paléographie, littérature de même que la maitrise des langues médiévales comme le latin et l’ancien français, mais aussi l’anglais, l’allemand et l’espagnol médiévaux, énumère M. Cottier. Les programmes sont vraiment très complets.» Et uniques au Québec. Aucune autre université dans la province ne propose un diplôme en études médiévales. Il faut aller à Toronto, au Pontifical Institute of Mediæval Studies, pour trouver un centre d’études aussi avancé que celui de l’Université de Montréal.

Réputé de par le monde, le Centre attire chaque année d’éminents chercheurs pour le plus grand bonheur des médiévistes en devenir. La dernière en date est Piroska Nagy, une spécialiste internationale de l’histoire des émotions au Moyen Âge, qui a donné cours et conférences aux étudiants du Centre ce mois-ci.

Le Club des étudiants médiévistes, le «Club Med», organise par ailleurs différentes activités, notamment des projections de films. La semaine dernière, le professeur du Département d’histoire Pietro Boglioni guidait les étudiants dans la compréhension du Nom de la rose, ce classique de Jean-Jacques Annaud inspiré du roman d’Umberto Eco.

Chateau
Les Québécois rêvent de châteaux.

Un voyage dans un haut lieu du Moyen Âge est organisé tous les deux ans «afin que les étudiants puissent être en contact avec les monuments, les manuscrits et les parchemins», explique Jean-François Cottier. L’an dernier, l’Italie était au menu. L’année prochaine, ce sera surement la Bourgogne, indique-t-il.

De la nécessité des études médiévales

On ne soupçonne guère l’importance du champ d’action des médiévistes, qui, depuis des décennies, doivent passer au peigne fin 10 siècles d’histoire (du 5e au 15e après Jésus-Christ) et couvrir une surface géographique qui comprend l’Europe chrétienne, Rome et Byzance, mais aussi l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient musulmans. «Peu d’historiens travaillent sur une période aussi longue», affirme M. Cottier.

Il estime que les spécialistes du Moyen Âge posent chaque jour une pierre essentielle à l’édifice de la mémoire collective, surtout lorsqu’on sait que cette époque jeta les bases de la société occidentale moderne comme les universités, les villes et même les banques. L’analyse du Moyen Âge est donc indispensable à la bonne compréhension des périodes ultérieures.»

Le Moyen Âge n’a pourtant pas fini de révéler ses secrets à ceux qui s’y intéressent. «Beaucoup de textes et de documents de cette époque restent à éditer et à étudier, mentionne Jean-François Cottier. La tâche à accomplir est immense.» De quoi apporter de l’eau au moulin du Centre d’études médiévales pour de nombreuses années.

Marie Lambert-Chan

 

cetmed.umontreal.ca

 

© 2008 - Bureau des communications et des relations publiques