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La DI présente le bilan du désamiantage à l’UdeM Version imprimable Suggérer par courriel
24 février 2008

Tous les endroits dangereux ont été sécurisés, selon Suzanne Deguire

Deguire et De Guire
Suzanne Deguire et Louise De Guire

Après 10 ans de travail, la Direction des immeubles (DI) est en mesure d’affirmer que tous les endroits de l’Université de Montréal où la présence d’amiante posait des problèmes ont été sécurisés. C’est du moins ce qu’a déclaré Suzanne Deguire, chef de la section Santé et sécurité à la DI, au cours d’une rencontre publique le 14 février où elle a fait le point sur la situation.

Dans un premier temps, la DI a dû repérer tous les lieux où de l’amiante avait été utilisé. On en a trouvé dans les isolants des chaudières et tuyauteries des systèmes de chauffage, dans les tuiles acoustiques des pavillons Lionel-Groulx, Maximilien-Caron et du 3200, rue Jean-Brillant, dans les crépis des plafonds du pavillon Roger-Gaudry et dans le plâtre des murs et plafonds de la plupart des pavillons construits avant 1980. À partir de cette date, l’amiante a été banni dans les immeubles.

En deçà des quantités dangereuses

Dans 74 % des cas, aucune fibre n’a été détectée dans l’air respirable. «Même s’il y a de l’amiante dans le plâtre des murs, la fibre ne s’en dégage pas tant qu’elle n’est pas bougée», assure Mme Deguire.

Une trace se situant à la limite du seuil décelable a été observée dans 14 % des endroits alors que le reste des lieux (12 %) en contenait une quantité plus élevée, mais «nettement en deçà des normes du ministère de la Santé et des Services sociaux», a-t-elle indiqué. Les données relatives à chaque pavillon sont disponibles à la Direction des immeubles.

Amiante
Des mesures de sécurité spéciales sont prises afin de minimiser les risques d’émission de fibres lorsque des employés d’entretien manipulent des matériaux contenant de l’amiante. (Photo: Bruno Desmarais)

Une équipe spéciale a été créée à la DI pour sécuriser les endroits qui faisaient problème ou procéder, si nécessaire, à des enlèvements de faible volume. Dans les cas plus importants, l’Université a fait appel à des firmes spécialisées.

L’équipe a également vu à la formation des employés d’entretien afin que les risques d’émission de fibres soient réduits au minimum quand ils ont à effectuer des travaux. «Ce n’est que lorsqu’on perce les murs ou les plafonds qu’il y a un risque de dispersion des fibres d’amiante dans l’air avec la poussière», mentionne la responsable du dossier.

Dans de tels cas, la zone est isolée par des toiles et les ouvriers, qui portent un couvretout et un masque, utilisent un capteur de poussière. Si vous voyez des employés ainsi vêtus à proximité de votre lieu de travail, ne vous inquiétez pas: ce n’est pas parce qu’une grande quantité de fibres d’amiante est constamment en suspension dans l’air à cet endroit mais parce que les travaux que ces employés exécutent peuvent occasionner de telles émissions.

Présents à la conférence, des employés d’entretien ont toutefois signalé plusieurs lacunes dans l’utilisation, l’entreposage et la distribution de l’équipement spécialisé et souligné que tous les préposés ne semblaient pas être sensibilisés pareillement aux normes à respecter dans l’usage de ce matériel.

Risques pour la santé

Les responsables de la rencontre avaient invité une spécialiste de la santé, la Dre Louise De Guire, de la Direction de la santé publique de Montréal, dans le but d’expliquer les risques que représente l’amiante pour la santé.

Ces risques varient selon la quantité de fibres à laquelle on est exposé et la durée de l’exposition, mais aussi selon le type d’amiante employé; l’amiante chrysolite produit au Québec est le moins dangereux de tous et c’est celui qu’on trouve dans plus de 90 % des cas à l’UdeM.

La principale maladie de l’amiante est l’amiantose. Il s’agit d’une fibrose pulmonaire causée par l’inhalation des fibres d’amiante et qui se caractérise par un souffle de plus en plus court, de la toux, des expectorations et une perte de poids. Cette maladie peut survenir de 20 à 25 ans après une exposition longue et intense. «Mais il n’y a aucun risque de souffrir d’amiantose dans un bâtiment public parce que la concentration dans les matériaux est trop faible», a fait remarquer la Dre De Guire.

L’amiantose peut par ailleurs entrainer le cancer du poumon. De 1 à 15 % de ces cancers pourraient être liés à l’amiante.

L’amiante peut aussi être responsable du cancer de la plèvre, un tissu situé à la surface des poumons et tapissant la cage thoracique. Selon la Dre De Guire, la fréquence de ce cancer est de un par million d’habitants. Il peut résulter d’une exposition brève mais intense à l’amiante; on a dépisté des cas de cancer de la plèvre chez des conjointes de mineurs, sans doute provoqués par la manipulation de vêtements chargés de fibres. Si l’amiante est la principale cause de ce cancer, certains soutiennent qu’il ne peut à lui seul le déclencher et qu’il doit être associé à d’autres facteurs comme le tabagisme.

La spécialiste a par ailleurs calculé le degré de risque de cancer auquel est soumise une personne qui travaille dans un édifice public où des matériaux contiennent de l’amiante. En partant du pire cas découvert dans une école de Montréal, soit 0,0031 fibre par millilitre d’air, et d’une présence de huit heures par jour, 240 jours par année pendant 20 ans, elle arrive à un risque de 62 cancers par million de personnes.

«Cela peut paraitre élevé, mais le risque lié à la cigarette est 1446 fois plus élevé et celui associé à la fumée secondaire est 18 fois plus important», affirme-t-elle. Il n’en reste pas moins qu’il faut éviter cette exposition, estime le médecin. Selon les études, la norme actuelle de une fibre par centimètre cube protège contre l’amiantose, mais il n’y a pas de seuil minimal pour le cancer.

À l’Université de Montréal, au moins un cas de cancer du poumon en lien avec l’amiantose a été diagnostiqué à la fin des années 90 chez un plombier.

Daniel Baril

 

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