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Titre: Forum Express
PHARMACOLOGIE - Une bactérie naturelle rend le bleuet… bionique Version imprimable Suggérer par courriel
19 février 2008

Fermentée pendant quatre jours, la bactérie Serratia vaccinii, extraite du bleuet sauvage, peut multiplier par quatre les propriétés antioxydantes du petit fruit. Cela pourrait rendre le jus de bleuet encore plus attrayant pour le traitement non médicamenteux de maladies comme le diabète de type 2.

C’est l’hypothèse défendue par Tri Vuong dans un article qu’a fait paraitre le Canadian Journal of Physiology and Pharmacology en septembre 2007. « On savait que cette bactérie pouvait augmenter l’activité antioxydante du jus de bleuet, mais on ignorait à quel point. Mon étude a évalué les effets du jus de différents fruits après fermentation avec cette bactérie », explique l’étudiant de l’Université de Montréal.

Inscrit au doctorat en pharmacologie sous la direction de Pierre Haddad, reconnu pour ses recherches sur la médecine traditionnelle à base de plantes des autochtones, Tri Vuong a entamé ses études à l’Université de Moncton auprès d’une spécialiste du domaine, Chantal Matar, après avoir obtenu une bourse de la compagnie McCain en 1999. C’est dans le laboratoire acadien qu’un autre étudiant de Mme Matar, Luc Martin, a découvert que la bactérie Serratia vaccinii, présente à l’état naturel dans le bleuet, pouvait avoir une action multiplicatrice. Quand on l’inocule à la canneberge après une culture en laboratoire, ce fruit acquiert des propriétés sept fois plus antioxydantes.

Rappelons que les antioxydants s’attaquent aux radicaux libres, nuisibles au système cérébrovasculaire et au système nerveux. Depuis quelques années, la canneberge, la fraise, la framboise et le bleuet, regorgeant de ces molécules, sont étudiés afin de favoriser des percées pharmaceutiques dans le traitement de certaines maladies. Le chercheur d’origine vietnamienne reconnait que bien des mécanismes d’action demeurent obscurs, mais déclare que « la fermentation avec Serratia vaccinii confère des vertus antidiabétiques au jus de bleuet ». Et il conclut dans son article que « le jus de bleuet pourrait représenter un traitement complémentaire novateur du diabète ainsi qu’une source de nouveaux agents thérapeutiques pour traiter la maladie ».

Les travaux de maitrise de Tri Vuong à l’université néo-brunswickoise se sont limités à des études in vitro. Il mène aujourd’hui des études sur des modèles animaux. « Nous utilisons des souris diabétiques. Je ne peux pas vous parler de nos résultats, car un article a été soumis, mais je peux vous dire qu’ils sont prometteurs. »

Le chercheur a aussi recours à des rongeurs traités au jus de bleuet afin de mesurer le pouvoir antioxydant de la boisson sur le cerveau. Les conséquences de la maladie d’Alzheimer, notamment, pourraient être atténuées par les petits fruits sauvages.

Tri Vuong insiste pour dire que les résultats encourageants obtenus jusqu’à maintenant, tant par ses collègues des Maritimes que par les chercheurs montréalais, ne doivent pas être pris au pied de la lettre. « Il ne faut pas conclure trop vite pour ce qui est de la santé humaine. Les bienfaits des antioxydants méritent d’être étudiés et nous pouvons être optimistes, mais il faudrait des études cliniques avant de pouvoir affirmer que le jus de bleuet diminue les effets du diabète. »

Depuis qu’il est arrivé au Canada, en 2000, Tri Vuong a manipulé plus de bleuets et de canneberges que bien des Québécois.

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Chercheur :

Tri Vuong

Courriel :

phuoc.tri.vuong@umontreal.ca

Téléphone :

514 343-6590

 

Publié 2 fois l'an en français et en anglais, Forum Express présente des recherches en cours à l'UdeM à l'intention des journalistes et des recherchistes des médias.

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